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Après la famille, la collectivité est le centre le plus important des activités qui permettent à l’homme de mener une vie vraiment humaine, civilisée et éclairée. Aucun autre milieu ne contribue de façon aussi appréciable à nourrir en nous les valeurs profondes de l’existence.

Des auteurs et des conférenciers démolisseurs s’appliquent à noyer l’esprit civique sous des flots de paroles à la louange de l’intervention politique généralisée, accompagnée de la gestion par les ordinateurs, les statistiques et les experts. Pourtant, une collectivité ne se fait pas à coups de loi. Les pouvoirs publics de tous les échelons, depuis les autorités fédérales jusqu’aux municipalités, sont en train de l’apprendre au milieu des vains efforts qu’ils déploient pour imposer des programmes de réaménagement local sans consulter ni y associer les habitants du secteur.

Les citoyens s’intéressent aux oeuvres de leur collectivité pour bien des raisons. Ils y voient une sauvegarde contre le surgouvernement, une façon d’apporter leur contribution à l’humanité, un moyen d’élargir leur expérience et leur esprit, une occasion de faire quelque chose de valable, ou encore une possibilité de créer des liens de solidarité.

Le bon citoyen n’est pas un idéaliste romanesque. Il conçoit un plan pour améliorer sa localité, il gagne des partisans à sa cause, rallie des collaborateurs, cimente par le travail les blocs de ce qu’il veut édifier.

Si les habitants d’un même quartier sont très différents les uns des autres, ils ont les traits suivants en commun : 1° Ils ont hérité de certaines caractéristiques ; 2° Ils ont acquis des connaissances pratiques ; 3° Ils recherchent une manière agréable de vivre ; 4° Ils sont aux prises avec un environnement qui est le même pour tous.

La vie de la collectivité n’est pas figée, mais malléable. Les gens ne se contentent pas de valeurs négatives, comme l’absence de tel ou tel ennui. Ils aspirent à un mieux-être positif. Pourtant, on ne réfléchit pas assez aujourd’hui à l’amélioration des choses. Des millions d’hommes qui envisagent avec plaisir la perspective de battre les chaussées d’une merveilleuse cité céleste ne se soucient même pas d’améliorer la rue où ils habitent. Comme le disait quelqu’un, tout le monde espère que saint Pierre les laissera passer, mais bien peu s’exercent à jouer de la harpe.

Où est la collectivité ?

Pour la plupart des hommes et des femmes les éléments les plus importants du civisme se trouvent plus près du seuil de leur porte que des capitales provinciales ou nationales.

Les ensembles d’individus groupés en hameaux, en villages, en villes, petites ou grandes, et dotés d’une autonomie politique limitée, soutiennent des institutions essentielles comme les églises et les écoles et organisent des institutions auxiliaires comme les associations de jeunesse, les sociétés philanthropiques et les centres de loisirs et d’activités artistiques.

Une collectivité humaine n’est pas plus un type unique en son genre qu’un mammifère est un type unique d’animal. La souris comme l’éléphant appartient à la classe des mammifères. De même, un faubourg, un immeuble collectif ou tout lieu intermédiaire où des personnes vivent en groupe peuvent constituer une collectivité. C’est, si l’on se place au point de vue de la nature humaine comme le font les spécialistes des sciences sociales, la somme des intérêts, des désirs et des fins d’êtres humains agissant sur d’autres êtres humains.

La qualité d’une collectivité ne saurait s’exprimer en une seule phrase. C’est un terme collectif qui embrasse un grand nombre de choses différentes, dont chacune contribue de façon avantageuse à vivifier les valeurs essentielles de l’existence. La collectivité est à la fois l’arrière-plan, l’avant-plan et le cadre du foyer de l’individu.

Les réponses données à certaines questions révéleront si une collectivité satisfait aux besoins minimums de sa population. La collectivité telle qu’elle est constituée actuellement vous offre-t-elle l’occasion d’éprouver le sentiment d’un épanouissement personnel progressif ? Engendre-t-elle une impression de sécurité ? A-t-elle pour effet d’accroître la sûreté de vos jugements de valeur en les soumettant à l’épreuve de l’action réfléchie ? Joue-t-elle de façon à accroître la gamme des activités auxquelles vous pouvez utilement participer ?

La démocratie en action

C’est dans notre collectivité que réside notre meilleur moyen de participer au jeu de la démocratie. Le bon citoyen d’une collectivité ne s’ingère pas dans les affaires personnelles des autres pour prescrire ou décider de quelle manière ils doivent rechercher le bonheur. L’homme avisé s’efforce d’aider à construire une collectivité où chacun a la possibilité d’être heureux à sa manière.

Grosso modo, il y a deux catégories de gens bien intentionnés qui travaillent pour atteindre le même objectif. Ceux qui croient que les problèmes de la collectivité peuvent et doivent se résoudre par la persuasion, la négociation et la conciliation. C’est la méthode démocratique. Et ceux qui pensent que la seule façon de les régler est d’imposer des lois.

Les hommes et les femmes des pays où l’on a cru que la solution des problèmes consistait à soumettre sa vie à un pouvoir politique absolu ont rapidement constaté que l’amélioration momentanée de leur état ne leur garantissait pas la sécurité pour l’avenir.

La démocratie est un système de valeurs. Elle se fonde sur la sympathie, la compréhension, l’aide mutuelle et le profond respect de la personnalité.

Il y a dans toute collectivité une foule de courants d’intérêt qui se recoupent : spirituels, culturels, politiques, civiques, économiques, éducationnels, sociaux, etc. Les conflits y sont inévitables, mais la mesure dans laquelle un effort persistant est accompli pour réaliser l’harmonie conditionne le degré de réussite d’une collectivité dans la création d’un mode de vie civilisé.

Les lois sociales paternalistes n’atteignent pas la vie intime des citoyens ; elles ne leur donnent que la possibilité de vivre. C’est dans l’action de la collectivité que nous redécouvrons la signification personnelle du geste secourable.

La participation bénévole est motivée, dira-t-on, par l’intérêt personnel. Toute amélioration de la vie des gens d’une collectivité est un avantage pour chacun de ceux qui y habitent. Mais la participation au bien de la collectivité est plus que cela : c’est un moyen qu’ont les individus d’exprimer les qualités naturelles qu’ils ont en eux. Un citoyen à l’esprit noble éprouve le désir de rendre service à son prochain en mettant à sa disposition le fruit de ses connaissances, les résultats de ses recherches et le bénéfice de ses dons.

Il se trouve chez les membres de chaque collectivité une foule de capacités, d’idées et de talents. Presque tout être humain normal possède de grandes réserves de possibilités inexploitées. Non seulement il est capable d’offrir son aide bienveillante à ses semblables dans le malheur, mais aussi d’employer son intelligence pour prévoir les améliorations nécessaires pour éviter les situations critiques. Les hommes d’affaires qui ont l’habitude d’élaborer souvent des plans à long terme pour les entreprises où ils gagnent leur vie se contentent de ne faire à peu près rien pour la collectivité où ils vivent leur vie.

Association et objectifs

Les hommes ne deviennent pas membres d’une collectivité du seul fait de leur réunion, mais plutôt en partageant certains intérêts et en se livrant à certaines activités en vue de favoriser le bien-être du groupe. Le lien le plus puissant qui unit les humains est le sentiment d’avoir des problèmes communs, des valeurs communes et des espoirs communs.

La société est une série d’interdépendances. Si un navire rempli d’hommes, de femmes et d’enfants s’échouait sur l’île de Robinson Crusoé, ses passagers ne formeraient pas une collectivité avant de s’être mis d’accord sur la façon de gagner leur pain et de vivre ensemble. Faire partie d’une collectivité c’est adhérer à une association. La collectivité croîtra mieux et prospérera dans la mesure où elle attirera des gens qui prévoiront, travailleront, se distrairont et agiront ensemble.

Beaucoup de questions relatives à la collectivité ne sont pas de celles qui se règlent par l’argent, la technique et la politique. L’aménagement des rues et des immeubles ne suffit pas pour bâtir une collectivité : ce sont les personnes qui y vivent qui font qu’elle existe.

Les gens comptent plus que les choses. Les rangées de petites maisons que l’on trouve dans les banlieues des villes canadiennes et dont certains critiqueurs déplorent l’aspect tentaculaire recèlent de précieuses qualités humaines. Elles représentent l’indépendance, l’épargne, le consentement à accepter des responsabilités et le désir de pouvoir respirer dans les espaces libres.

Le but principal de toute action de la part d’une collectivité devrait être la recherche de la qualité de la vie pour tous les citoyens.

Le rapport annuel d’une municipalité doit être plus qu’un tableau des impôts perçus et des sommes dépensées. Le rôle véritable de l’administration n’est pas de percevoir et de dépenser de l’argent. La question à laquelle il faut répondre à la fin de l’année est celle-ci : « Avons-nous pourvu aux besoins humains de la population ? »

Ecouter la voix de la jeunesse

Prêter l’oreille aux jeunes. Ils veulent effectivement faire partie de la race humaine. L’idée de ce qu’ils peuvent apporter les met en émoi. Ils ont des vues qui n’ont jamais été entravées par l’échec, la déception et le désenchantement.

Les grandes causes et les grandes questions les passionnent, et ils sont plus enclins à s’associer avec enthousiasme à une réforme profonde qu’à des demi-mesures palliatives.

Les jeunes ont des besoins. Ce n’est pas une bonne attitude à prendre devant l’influence actuelle de la rue que de confiner un enfant à la maison. La collectivité doit prévoir des activités extra-scolaires et des soupapes bienfaisantes pour les énergies créatrices. Encouragez les jeunes à organiser leurs conseils et leurs comités, afin qu’ils fassent l’apprentissage de la responsabilité en ayant voix aux affaires et aux activités de la collectivité. Offrez-leur l’espace, les chances et les moyens nécessaires pour aménager eux-mêmes leurs salles de jeux et leurs terrains de sports.

Un nouveau champ d’action

Chacun devrait, pour sa satisfaction personnelle, s’occuper dans sa collectivité d’une entreprise qui lui tient vraiment à coeur, afin de se livrer ainsi avec ardeur à une activité enrichissante. Croire à ce qui est bien est une vertu admirable, mais ne suffit pas pour mériter un fleuron à votre couronne. Il faut pour cela collaborer au bien de la collectivité.

Une nouvelle activité peut donc s’ajouter ou s’associer au métier que l’on exerce déjà : celle d’artisan de l’amélioration de la collectivité. La marche à suivre est relativement simple : 1° Trouver une lacune ou un problème dans les affaires de la collectivité ; le creuser ; rechercher les théories et les solutions qui ont été proposées ou tentées. 2° Faire un brouillon de ses idées d’amélioration et en étudier la faisabilité. 3° Une fois le brouillon mis au point, établir un plan d’action. 4° Expérimenter ses idées sur des amis, sur des personnes rencontrées dans les magasins ou les réceptions. Si quelqu’un fait des suggestions utiles, les insérer dans son brouillon. 5° Rédiger un exposé définitif et le présenter à une réunion appropriée ou devant un groupe spécialement convoqué à cette fin.

Voici ce que nous conseille George deHuszar dans son ouvrage intitulé Applications pratiques de la démocratie : « Recherchez quelque chose qui vous touche de près, dont le succès contribuera à votre mieux-être et à celui des autres. Choisissez ceux de vos amis qui partagent votre intérêt. Il n’est pas nécessaire de vous transformer en réformateur de la société ni même de vous écarter beaucoup de votre mode de vie ordinaire ; mais vous pouvez recourir au ressort du contact personnel allié à l’intérêt commun pour provoquer une action qui rendra votre vie et celle de la collectivité plus fécondes et plus créatrices. »

Le travail au service de la collectivité est un travail d’autoépanouissement. Il est significatif que l’auteur de l’exhortation « va vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres » n’ait pas pensé en la faisant à la condition des pauvres mais à l’âme du jeune homme. Le gouverneur général Vanier disait dans une allocution : « Beaucoup de personnes ont un besoin ardent et inné de donner généreusement quelque chose d’elles-mêmes. Pour satisfaire ce besoin, il leur faut faire davantage que de sortir leur carnet de chèques. »

Si quelqu’un veut avoir de la dignité – porter la tête haute – il doit apporter sa contribution à la vie. C’est dans la collectivité que l’homme se rend compte de ce qu’il est et qu’il a des chances de devenir ce qu’il peut être. En s’associant avec les autres au niveau de la paroisse, de l’école, des activités de bienfaisance et de loisir, l’individu prend conscience de sa condition et éprouve le sentiment d’être accepté et épaulé par la société.

Institutions et organismes

Les divers organismes de la collectivité – religieux, municipaux, philanthropiques, familiaux, scolaires, politiques et d’entraide – fournissent aux gens l’occasion de participer à l’essor de l’intérêt mutuel. Ils offrent des modes de conduite et des activités qui répondent au besoin de ceux qui s’efforcent d’accroître leur maturité d’âme et d’esprit.

Mais l’édification d’une collectivité éclairée ne s’arrête pas à la répartition des responsabilités entre un certain nombre des institutions en question. Il y a du mérite à appuyer les organismes spécialement aptes à accomplir les tâches sociales qui s’imposent, mais chaque citoyen a en outre le devoir d’apporter sa contribution personnelle au bien de la collectivité.

Les organismes sociaux établis permettent de faire en sorte que les meilleurs services possibles soient dispensés. Ils sont au centre des activités d’assistance de toutes sortes. Ils offrent la direction et les connaissances techniques nécessaires. Les travailleurs sociaux professionnels sont des hommes et des femmes qui se sont préparés par des cours et par la pratique à remplir les fonctions requises pour assurer le bien-être de diverses classes de la population : nécessiteux, invalides, mésadaptés et malades. Leur action rééducative et de soulagement auprès des personnes handicapées de la collectivité, leurs mesures de prévention contre les forces dangereuses du milieu, leur culte du sens social ne sauraient être remplacés par les services isolés que rendent les individus.

Travailleurs professionnels et travailleurs bénévoles peuvent bien s’entendre moyennant un peu de patience de la part des spécialistes et d’un effort de la part des bénévoles pour étudier les besoins, la tâche à accomplir et leurs aptitudes à apporter une aide utile.

Les organismes bénévoles pourvoient à certains besoins de l’être humain que les autorités publiques ne comblent pas. La pension de vieillesse assure la subsistance matérielle, mais nous comptons sur le service de compassion des bénévoles pour alléger la solitude du vieillard.

Les problèmes complexes nécessitant le concours des services organisés et des services bénévoles résistent rarement à des méthodes sensées et imaginatives qui ne sont pas difficiles à apprendre et à appliquer. Tout ce qu’il faut c’est que les personnes associées à une entreprise puissent se rencontrer et confronter leurs points de vue.

Le point de départ

Celui qui ne se préoccupe des intérêts de sa collectivité que dans la mesure où ils coïncident avant tout avec ses intérêts personnels est un pusillanime. Les citoyens qui s’offrent à travailler pour la collectivité peuvent être motivés par bien des raisons, mais il importe que leur but soit dénué d’égoïsme.

Si vous avez nettement l’impression qu’une action corrective ou un effort constructif est nécessaire dans un domaine, réunissez un groupe de citoyens. Il est beaucoup plus efficace d’organiser un groupe résolu à aller au fond d’un problème et à déclencher une tentative de solution que d’écrire une lettre au journal local ou de rédiger une pétition pour demander aux autorités de faire quelque chose.

Un groupe axé sur les problèmes est un excellent facteur d’avancement pour la collectivité. Grâce à lui, les citoyens concentrent leur attention sur des problèmes déterminés, aident les associations et les services existants à mieux fonctionner et assurent la collaboration entre les diverses organisations.

Dans un tel groupe, la discussion fait partie du processus d’assimilation essentiel à la compréhension. La discussion en groupe bien dirigée se circonscrit autour d’une question capitale, de quelque chose qui intéresse les participants, qu’ils ont profondément à coeur et qu’ils peuvent contribuer à accomplir.

Ce qui assure la cohésion de la société, c’est le dialogue intelligent. Il conduit à l’action concertée. En discutant, les membres d’un groupe s’incitent les uns les autres à la réflexion, découvrent des idées, trouvent des inspirations et sont stimulés par le sentiment du travail d’équipe.

Une réunion de groupe ne doit pas être un rassemblement où l’on fait de beaux discours sur la collaboration. Ce qu’il faut c’est décider le « quoi », le « qui » et le « comment » de la situation à régler.

Il convient d’éviter que l’importance donnée à des détails insignifiants nuise à la discussion fructueuse des idées et des plans. Un groupe échouera entièrement s’il se laisse dominer par le souci de la méthodologie. Il n’est pas nécessaire de s’en tenir strictement aux règles d’un manuel, mais toute réunion devrait se guider sur les grands principes de la procédure parlementaire :justice et civilité pour tous ; acceptation de la volonté de la majorité ; protection des droits de la minorité ; une chose à la fois.

Écouter avec courtoisie est une règle importante pour ceux qui assistent à une réunion, et elle a pour pendant la courtoisie de parler brièvement.

L’application à renseigner le public de façon complète, exacte et franche sur les projets envisagés et les progrès accomplis neutralisera les méfaits des critiques fondées sur les demi-vérités et les rumeurs. Si l’on néglige de faire connaître les objectifs, il existera un état de tension et de malaise dans la collectivité. Chaque citoyen a le droit de savoir quel effet un programme – gouvernemental ou de la collectivité – aura sur lui.

La communication est l’âme de la société. Faites voir aux gens l’esprit qui anime chaque initiative.

Les citoyens qui font une campagne afin de recueillir des fonds pour construire un bâtiment municipal ou aménager un parc, plaident en faveur non seulement d’un immeuble ou d’un coin de verdure, mais du noble but dont ces choses sont le symbole. Une oeuvre qui ne fait appel qu’à l’intelligence est bien loin d’avoir autant de force que celle qui s’adresse à la fois à l’intelligence et au coeur.

La mise en oeuvre

Après la discussion et les plans vient l’action. L’accessoire et le superflu étant éliminés, nous savons maintenant ce que nous allons faire.

Refusez fermement si quelqu’un veut ramener la proposition vers les « voies » établies, qui se caractérisent souvent par leur lenteur. Ne permettez pas à des touche-à-tout ignorants de démolir le plan arrêté minutieusement par le groupe.

II faut de la persévérance. Certaines personnes recherchent avec ardeur la satisfaction immédiate de leurs désirs. Il serait vain d’exiger l’âge d’or sur-le-champ ou l’utopie pour demain. On remarque chez certains groupes et certaines organisations une regrettable tendance à se donner corps et âme à la recherche puis à abandonner lorsque vient le moment d’appliquer la pensée créatrice et l’action féconde aux faits qu’ils ont trouvés.

S’adapter

Il vient un temps où, après avoir changé l’environnement où nous vivons, il faut nous modifier un peu nous-même pour pouvoir vivre dans le nouvel ordre des choses. L’adaptation au milieu a toujours été une importante condition de survie dans le règne animal.

Les personnes parmi lesquelles nous vivons ont leur rôle à jouer dans l’établissement du milieu propre à servir de cadre à l’épanouissement de notre bonheur. Comme le dit Arnold Bennett dans Hour to Live : elles sont aussi inévitables dans le plan de l’évolution que nous le sommes ; elles ont autant le droit d’être elles-mêmes que nous d’être nous-mêmes ; elles sont exactement nos égales aux yeux de la Nature ; elles méritent la même latitude que nous ; elles ne sont pas plus responsables que nous de leur caractère.

Grâce à la tolérance mutuelle et à l’esprit de coopération, vous en arriverez à considérer vos concitoyens comme des amis, et cela est très important pour vous et pour eux.

Chaque collectivité évolue dans un ensemble de circonstances. Nul n’est forcé de vivre dans une collectivité en particulier, mais dès qu’il y entre il ne peut se soustraire à ses usages et à ses normes. Le climat de la collectivité offre à ceux qui y résident des habitudes de vie et des modes de comportement usuels sur lesquels on les jugera.

L’adhésion à la collectivité procède d’un besoin conscient d’appartenance. Les hommes ne sont pas une légion sans visage, mais des voisins et des amis.

Par notre appartenance à une collectivité, nous acceptons certains devoirs de coopération constructive. Le bon citoyen prendra en main le sort de sa collectivité et façonnera sa destinée en collaborant avec ses concitoyens. C’est alors qu’il s’accomplira vraiment quelque chose : les problèmes trouveront leur solution, les erreurs seront rectifiées et la collectivité croîtra en beauté et en vitalité.